unité DE recherche 7

Art et Culture

 

 

Une des forces majeures de la civilisation musulmane résidait dans sa capacité à adopter les cultures des communautés qui l'ont choisie. La tradition musulmane n’est donc pas pour l’uniformisation des cultures mais accordait plutôt à tous les peuples entrant dans l’islam la possibilité de garder leurs particularités culturelles tant que celle-ci ne s’opposent pas aux principes de l’islam. Tout en distinguant religion de culture cette unité de recherche tant à saisir la nature des rapports entre les deux domaines. Pour comprendre quelle manière s’opère la traduction des principes religieux dans une culture donnée, en questionnant les modalités de l’incarnation et l’expression d’un principe islamique.

Cette distinction des natures doit nous conduire à l’analyse de l’interprétation des savants pour en saisir ce qui semble être de l’ordre du culturel.  En somme il s’agit de savoir ce qui est universel et immuable dans l’enseignement de l’islam de ce qui est contingent et relatif à l’environnement où se trouve la religion, dans l’objectif de dresser un cadre théorique au sujet du rapport entre religion et culture. Cette distinction nous permettra d’autre part d’évaluer ce qui dans une culture donnée fait référence à l’éthique et aux principe islamique. Nous pouvons également faire le chemin inverse pour partir d’une culture donnée qui n’est pas la nôtre et qui nous interpelle sur un principe, une éthique ou une finalité islamique peu ou pas concrétisé

L’islam n’est pas hostile à l’art pas plus qu’il n’est hostile au plaisir de s’émouvoir devant la beauté. Le beau en islam possède d’une part une dimension cosmique, une dimension que nous retrouvons à trois niveaux qui fonctionnent en écho. Le premier se situe dans le livre étendu al-kitâb al-manthûr, à savoir la création, le deuxième se situe dans le livre écrit al-kitâb al-masṭûr à savoir le Coran, Dieu dit « Nous avons orné le ciel le plus proche de luminaire » (Coran 67/5), le troisième se situe au niveau de la prime nature de l’homme fitra en tant qu’être qui aime le beau et qui est déterminé par lui. D’autre part le beau possède une dimension métaphysique dans la mesure où il représente l’un des attributs de Dieu comme le rapporte le Prophète Muhammad : « Dieu est beau, et aime la Beauté ».

Beaucoup d’historien de l’art musulman et non musulman ont affirmé que l’art islamique possède son unité avec une grande variété de motifs et de formes dans la mesure où il rassemble divers arts et différentes techniques. Il constitue un art particulier en vertu de son style, de son contenu, mais aussi de ses fondements. Il s’agit donc dans cette unité de recherche d’explorer et de mettre en exergue la spécificité de cet art et de formuler ses fondements qui représentent le substrat de l’art islamique.

Si nous considérons que l’art dans toutes ses formes remplie une fonction particulière, nous devons obligatoirement nous poser la question de son statut et de sa fonction dans le modèle civilisationnelle musulman, quel statut occupe l’art dans la civilisation musulmane ? Quelle fonction a-t-il joué ou doit-il joué ? Quelle sont les finalités de l’art ? Ces questions conduiront cette unité de recherche d’autre part à revisiter l’histoire à des époques différentes pour mesurer le rôle joué ou pas de l’art dans la civilisation musulmane.

 

 

 

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